Entre Theth et Valbona, la randonnée traverse le cœur minéral et sauvage des Alpes albanaises, ces montagnes du nord que les habitants nomment Bjeshkët e Namuna, les Montagnes Maudites. L’itinéraire relie deux vallées longtemps isolées en franchissant un col perché à près de 1 800 mètres d’altitude. Forêts de hêtres, torrents turquoise, pentes calcaires, hameaux de pierre et crêtes déchiquetées composent un décor qui donne au trekking une intensité rare en Europe.
Ce parcours de montagne ne se résume pourtant pas à une belle marche panoramique. Ses 17 kilomètres, son dénivelé soutenu, la météo changeante et l’organisation des transports demandent une préparation réfléchie. Partir au lever du jour, choisir le bon sens de marche, réserver une maison d’hôtes et ajuster son équipement de randonnée transforment une journée exigeante en souvenir lumineux. Theth–Valbona récompense les marcheurs patients : à chaque lacet, les vallées se dévoilent un peu plus, jusqu’à donner le sentiment d’avoir franchi une frontière invisible entre deux mondes.
L’essentiel sur la randonnée Theth–Valbona
- Distance et durée : comptez environ 17 km, 6 à 8 heures de marche effective et jusqu’à 9 heures avec les pauses.
- Niveau : le sentier est classé modéré à difficile ; il ne comporte pas d’escalade, mais la montée et les descentes rocheuses fatiguent.
- Saison : de mi-juin à fin septembre, avec une préférence pour septembre, plus calme et souvent très agréable.
- Organisation : prévoyez idéalement une nuit à Theth et une autre à Valbona, puis organisez le retour par Shkodër et le lac de Koman.
- Sécurité : un départ vers 7 heures, deux litres d’eau, une trace GPS hors ligne et une vérification météo sont les bases d’une randonnée réussie dans les Alpes albanaises.
Randonnée Theth–Valbona : comprendre le parcours dans les Alpes albanaises
La traversée Theth–Valbona s’inscrit parmi les grands sentiers de montagne des Balkans. Elle unit deux vallées du nord de l’Albanie séparées par une imposante barrière calcaire. Le relief explique le caractère mémorable de cette journée : les villages paraissent proches sur une carte, mais le col de Valbona impose un véritable passage d’altitude. Cette géographie a façonné des communautés montagnardes attachées à leurs maisons de pierre, à l’élevage et à une hospitalité qui reste l’une des belles surprises du voyage.
Dans le sens le plus fréquent, de Theth vers Valbona, la distance atteint environ 17 kilomètres en point à point. Le dénivelé positif est voisin de 900 mètres et la descente approche 700 mètres, selon le lieu précis où se situe la maison d’hôtes. Ces chiffres ne racontent pas toute l’histoire : le chemin alterne terre compacte, pierres mobiles, racines, lacets et passages plus ouverts. La fatigue se construit lentement, surtout après le col, lorsque les jambes doivent contrôler une longue descente.
Un itinéraire balisé, mais jamais à banaliser
Les marques rouge et blanc du réseau Peaks of the Balkans accompagnent les marcheurs sur l’essentiel du tracé. Elles rendent l’orientation accessible à une personne habituée aux randonnées autonomes. Pourtant, un balisage clair ne dispense pas d’attention. La brume peut engloutir les repères en altitude, les orages rendent la roche glissante et le réseau téléphonique devient très irrégulier dès que la vallée disparaît derrière les arbres.
Le terrain ne demande ni corde ni maîtrise de l’alpinisme. Il exige en revanche de l’endurance, des appuis sûrs et une allure raisonnable. Une personne capable de marcher régulièrement 15 à 20 kilomètres sur terrain vallonné peut envisager ce trekking avec sérénité, à condition de ne pas charger son sac comme pour une expédition. Les débutants complets gagneront à choisir un accompagnateur ou à transformer l’expérience en aller-retour partiel jusqu’au col depuis Theth.
| Repère | Donnée utile | Ce que cela implique |
|---|---|---|
| Distance | Environ 17 km | Prévoir une journée entière, sans correspondance serrée le soir |
| Point culminant | Col de Valbona, autour de 1 800 m | Protection contre le vent, le soleil et un changement brutal de temps |
| Durée moyenne | 6 à 8 h de marche | Départ matinal vivement conseillé |
| Difficulté | Modérée à difficile | Condition physique, chaussures stables et gestion de l’effort |
| Balisage | Rouge et blanc | Trace hors ligne recommandée en complément |
La beauté de l’itinéraire provient aussi de sa diversité. Au départ de Theth, le regard embrasse une vallée encaissée et des sommets qui semblent veiller sur les toits. Plus haut, les forêts de feuillus filtrent la lumière et l’air se rafraîchit. À l’approche du col, les arbres cèdent la place à des prairies rases, des éboulis et des lignes de crêtes d’une netteté saisissante. Par temps dégagé, les reliefs se prolongent vers le Kosovo et le Monténégro.
Le Jezerca, sommet emblématique et point culminant des Alpes dinariques, domine cette région avec une présence presque théâtrale. Il n’est pas nécessaire de viser son ascension pour ressentir la puissance de ces montagnes. Depuis le sentier, ses parois et les cimes environnantes rappellent que cette randonnée se déroule dans un massif authentique, loin d’un simple chemin touristique aménagé.
Un couple fictif, Clara et Nabil, habitué aux promenades côtières mais peu familier des reliefs, peut réussir la traversée s’il accepte de ralentir. Leur erreur serait de calquer leur rythme habituel sur une journée alpine. Leur réussite tient dans une décision simple : marcher sans compétition, s’arrêter avant l’épuisement, boire avant d’avoir soif et conserver du temps pour les paysages. Le parcours Theth–Valbona devient grandiose lorsqu’il est abordé comme une vraie journée de montagne, et non comme une course entre deux villages.
Préparation de la randonnée Theth–Valbona : choisir le sens, le rythme et la saison
Le choix du sens de marche influence la sensation physique autant que l’organisation du séjour. La plupart des voyageurs partent de Theth pour rejoindre Valbona. Cette option concentre l’ascension principale dans la première moitié de journée, lorsque les réserves d’énergie sont plus généreuses. La descente qui suit reste longue, mais elle emprunte largement un beau chemin forestier et laisse progressivement apparaître le fond lumineux de la vallée de Valbona.
Le sens inverse possède une personnalité différente. Depuis Valbona, la montée démarre de façon plus abrupte et peut surprendre les jambes encore froides. La descente finale vers Theth, plus accidentée et raide, sollicite davantage les genoux. Cette direction s’accorde bien avec l’arrivée par le ferry du lac de Koman, souvent choisie dans les circuits organisés. Aucun des deux choix n’est mauvais : l’itinéraire global, la disponibilité des hébergements et les préférences de chacun doivent guider la décision.
Découper l’effort de Theth au col de Valbona
Depuis les principales maisons d’hôtes de Theth, le sentier traverse le village puis franchit la rivière sur un petit pont. Les premiers kilomètres s’élèvent à travers une forêt mêlant chênes, hêtres et pins. La pente demeure régulière, avec des traversées plus douces entre des portions plus relevées. Cette première phase dure près de deux heures pour une allure tranquille et sert de bon indicateur : si le souffle devient trop court dès le départ, mieux vaut réduire l’objectif ou allonger les pauses.
Entre la forêt et le col, le terrain devient le plus exigeant. Les hêtres se raréfient, les pierres apparaissent, puis les lacets se succèdent dans un décor de plus en plus ouvert. Les dalles humides et les éboulis invitent à poser le pied avec calme. Ce n’est pas le moment de chercher la vitesse. Des pauses courtes, prises à l’ombre quand elle existe, permettent de protéger les muscles sans casser complètement le rythme.
Le col mérite une halte réelle. Les marcheurs y trouvent un panorama immense, mais aussi une zone exposée au vent et aux nuages. Un pique-nique rapide, une couche chaude et quelques photos suffisent généralement avant d’entamer la descente. Garder trop longtemps cette position sans abri peut refroidir le corps, même en plein été.
La fenêtre météo qui fait la différence
La période la plus fiable s’étend habituellement de mi-juin à fin septembre. En juin, les prairies d’altitude se couvrent de fleurs et la fréquentation reste modérée. Des névés peuvent cependant persister lors d’un printemps tardif ; la question doit être posée directement aux hôtes locaux avant tout départ. Juillet et août offrent des sentiers généralement secs, avec des journées chaudes dans les vallées et un risque récurrent d’orages en deuxième partie de journée.
Septembre attire les voyageurs qui souhaitent marcher dans une atmosphère plus calme. La lumière devient douce, les hêtres commencent à se teinter d’or et la chaleur baisse sans compromettre les longues journées de randonnée. Début octobre reste envisageable uniquement lorsque la météo est stable et que les maisons d’hôtes fonctionnent encore. À cette période, la neige peut revenir rapidement au col et modifier totalement la difficulté.
- Consulter la météo la veille auprès de l’hébergement, puis vérifier de nouveau au réveil.
- Quitter Theth vers 7 heures et viser le col avant 14 heures au plus tard.
- Garder une marge de deux heures pour les pauses, une fatigue imprévue ou un ralentissement sur sol humide.
- Reporter la traversée si des orages durables, du brouillard dense ou de fortes pluies sont annoncés.
- Prévenir l’hôte de Valbona d’une arrivée tardive éventuelle.
Les prévisions ne sont pas un détail administratif : elles déterminent la qualité de l’expérience. Lorsqu’un brouillard épais se referme à un kilomètre du col, faire demi-tour peut représenter la décision la plus intelligente, même si l’objectif semblait proche. La montagne n’efface pas un renoncement prudent ; elle offre une raison de revenir. Pour organiser l’ensemble du séjour avant d’atteindre les vallées, un itinéraire de voyage en Albanie aide à prévoir des journées suffisamment souples.
Une préparation réussie ne consiste pas à tout contrôler : elle consiste à prévoir assez de marge pour pouvoir choisir la prudence sans frustration.
Équipement de randonnée pour Theth–Valbona : protéger son corps et gagner en autonomie
Dans les Alpes albanaises, le contenu du sac change directement la qualité de la journée. Un équipement de randonnée trop léger expose aux averses, aux ampoules et à la déshydratation. Un sac trop lourd use les épaules et ralentit la progression dans les montées. L’équilibre recherché est simple : ne porter que ce qui contribue réellement au confort, à la sécurité ou à l’autonomie entre les deux vallées.
Les chaussures constituent le point de départ. Un modèle de randonnée déjà porté sur plusieurs sorties, doté d’une semelle adhérente et d’un maintien correct de la cheville, facilite les passages d’éboulis et les racines de la descente. Des chaussures de trail peuvent convenir aux habitués, mais elles protègent moins sur les portions pierreuses. Acheter une paire neuve la veille de partir serait un pari malheureux : une ampoule peut transformer les derniers kilomètres en épreuve.
L’eau, les couches et les vivres : le trio à ne pas négliger
Chaque marcheur devrait partir avec au moins deux litres d’eau. Des sources existent parfois sur l’itinéraire, mais leur débit varie selon la saison et leur qualité ne peut pas être présumée. Un filtre compact ou des pastilles de purification donnent une liberté appréciable face aux torrents. Durant les journées très chaudes de juillet et août, une capacité supérieure peut s’avérer judicieuse, surtout pour les personnes qui transpirent beaucoup.
Les maisons d’hôtes proposent souvent un petit-déjeuner nourrissant, composé de pain, fromage, œufs, confiture et thé. Cela ne remplace pas un repas de marche. Sandwichs, fruits secs, noix, fromage, barres céréalières et fruits résistants voyagent facilement. L’idée n’est pas de grignoter sans arrêt, mais de manger avant que l’énergie ne tombe brutalement. Un exemple concret : Clara et Nabil divisent leur ravitaillement en trois petites pauses plutôt qu’en un déjeuner unique ; ils évitent le coup de fatigue au moment où la pente se raidit.
Les vêtements doivent fonctionner par couches. Dans les secteurs bas, le soleil peut être lourd ; au col, une rafale et un nuage font chuter la sensation thermique en quelques minutes. Un tee-shirt respirant, une couche isolante légère et une veste imperméable coupe-vent créent une combinaison efficace. Lunettes, chapeau et crème solaire haute protection deviennent indispensables sur les pentes sans ombre.
- Chaussures stables : semelle accrocheuse et idéalement maintien de cheville.
- Bâtons de marche : particulièrement utiles pour préserver les genoux dans la descente.
- Veste imperméable : même sous un ciel bleu au départ.
- Trace GPS hors ligne : téléchargée avant de quitter Shkodër.
- Petite trousse de secours : pansements anti-ampoules, antidouleur et traitements personnels.
- Espèces en lek : les paiements par carte restent très limités dans les vallées.
Préparer son sac à Shkodër avant de rejoindre les montagnes
Shkodër reste la dernière grande base pratique avant Theth ou Valbona. Les voyageurs y trouvent des commerces, des distributeurs et quelques possibilités de location de matériel. Les bâtons sont un achat ou une location particulièrement pertinente pour les personnes sensibles des genoux. Les boutiques locales ne rivalisent pas avec les grands centres alpins européens, mais les services se sont développés avec la popularité croissante du trekking dans le nord albanais.
Il vaut mieux voyager avec ses propres chaussures, car leur ajustement ne se remplace pas. Pour une veste oubliée, une gourde ou des bâtons, l’hébergement à Shkodër peut souvent orienter vers une solution. Ceux qui traversent plusieurs pays avec un sac limité peuvent aussi s’inspirer de conseils pour préparer une valise pour un voyage itinérant en Europe, puis adapter la sélection au relief albanais.
La faune locale ajoute une dimension fascinante sans justifier une inquiétude excessive. Ours bruns, loups et lynx vivent dans le massif mais évitent habituellement les itinéraires fréquentés. Les rencontres les plus probables concernent les chamois sur les hauteurs, les rapaces et les oiseaux forestiers. Rester sur le chemin, ne pas laisser de déchets et garder une distance respectueuse protègent autant l’environnement que l’expérience des autres marcheurs.
Le bon équipement ne rend pas le sentier facile : il rend chaque difficulté prévisible, gérable et beaucoup plus agréable.
Accès à Theth et Valbona : transports, maisons d’hôtes et itinéraire de trois jours
La logistique fait partie intégrante de l’aventure. Theth et Valbona ne sont pas deux villages reliés par une route directe simple ; le sentier constitue précisément leur lien le plus spectaculaire. Les voyageurs doivent donc construire un itinéraire en boucle via Shkodër, le lac de Koman, Fierza et les minibus de vallée. Cette organisation peut sembler complexe sur un écran, puis devient étonnamment fluide lorsque les maisons d’hôtes et les chauffeurs locaux entrent dans l’équation.
Depuis Shkodër, des minibus saisonniers rejoignent Theth le matin en trois à quatre heures. La route est largement asphaltée, tout en conservant des portions plus étroites et sinueuses dans l’approche finale. Depuis Tirana, il faut d’abord atteindre Shkodër en bus, un trajet d’environ deux heures, puis passer idéalement une nuit sur place avant de poursuivre. Chercher à enchaîner toutes les correspondances depuis la capitale lors d’une seule journée peut ajouter de la fatigue avant même le premier pas sur le sentier.
Le ferry de Koman, bien plus qu’un transfert
Valbona est souvent accessible par une séquence devenue emblématique : transfert matinal vers Koman, ferry sur le lac, arrivée à Fierza, puis minibus jusqu’à la vallée. La traversée sur le lac de Koman dure approximativement deux heures et demie. Elle se déroule entre des gorges calcaires spectaculaires, dont les parois plongent dans une eau sombre ou émeraude selon la lumière. Ce trajet n’est pas une contrainte à subir : il prolonge l’émotion de la montagne avant ou après la randonnée.
Une liaison routière directe entre Shkodër et Valbona existe également en saison, souvent autour de trois à quatre heures selon les conditions. Elle convient à ceux qui disposent de peu de temps ou redoutent les correspondances. Pourtant, le ferry mérite d’être vécu au moins dans un sens. Son rythme lent offre une respiration bienvenue après l’effort, tandis que les falaises se rapprochent du bateau comme dans un décor de cinéma.
Pour ceux qui souhaitent mieux anticiper les déplacements régionaux, ce guide pour voyager dans les Balkans en bus et en train permet de comprendre les réflexes utiles : vérifier les horaires auprès des hôtes, conserver de la souplesse et ne pas caler une correspondance internationale trop serrée après une journée de montagne.
Réserver les nuits au bon endroit
À Theth comme à Valbona, les maisons d’hôtes constituent une expérience aussi précieuse que l’hébergement lui-même. Les tarifs observés se situent fréquemment entre 20 et 35 euros par personne avec dîner et petit-déjeuner, selon la période, le confort et l’emplacement. En juillet et août, une réservation anticipée est vivement recommandée. Le contact passe souvent par WhatsApp, avec une simplicité chaleureuse : l’hôte conseille le transport, réserve parfois le minibus suivant et indique la météo attendue.
À Theth, dormir près du nord du village réduit la marche vers le départ du sentier. À Valbona, les logements proches du poste de rangers et de la piste principale facilitent le départ du lendemain. Les visiteurs au budget plus serré peuvent regarder du côté de Bogë, avant l’arrivée dans la vallée de Theth, à condition d’accepter un transfert ou une organisation supplémentaire le jour de la randonnée.
| Jour | Programme conseillé | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Jour 1 | Shkodër vers Theth, installation puis marche vers Grunas ou l’Œil Bleu | Arriver assez tôt pour récupérer et confirmer la météo |
| Jour 2 | Traversée Theth–Valbona avec départ autour de 7 heures | Conserver du temps pour la descente et les pauses |
| Jour 3 | Matin tranquille à Valbona, minibus, ferry de Koman, retour vers Shkodër | Valider les horaires avec l’hébergement la veille |
Avec une quatrième journée, Valbona révèle davantage son caractère : balade de vallée, marche vers Rragami ou exploration des environs de Dragobia. Côté Theth, l’Œil Bleu, la cascade de Grunas et certains itinéraires de gorge enrichissent le séjour. La traversée cesse alors d’être un objectif isolé et devient le cœur d’une immersion plus profonde dans le nord albanais.
Donner trois jours à Theth et Valbona, c’est laisser aux montagnes le temps de dépasser le simple statut d’étape sur une carte.
Sécurité sur les sentiers de montagne et choix entre randonnée guidée ou indépendante
La randonnée Theth–Valbona est réputée sûre pendant la belle saison lorsque les marcheurs respectent les conditions météo et leurs propres limites. Le principal danger ne vient pas d’un passage vertigineux ou d’une difficulté technique cachée. Il résulte plutôt d’une succession de petits choix négligés : partir tard, minimiser la pluie annoncée, manquer d’eau, descendre trop vite sur des cailloux instables ou suivre une trace imprécise lorsque la visibilité baisse.
La règle la plus protectrice reste aussi la plus simple : partir tôt. Un départ aux alentours de 7 heures offre une marge pour monter sans se presser, atteindre le col avant que les orages estivaux ne se développent et arriver à Valbona en milieu d’après-midi. Rester sur les secteurs ouverts au-delà de 14 heures lors d’une journée instable expose davantage à la foudre, au vent et au brouillard. Si les prévisions sont mauvaises, décaler la marche est une décision de voyage mature, non un échec.
Lire les signaux de fatigue et de météo
Les signes d’alerte sont rarement spectaculaires au début. Une ampoule qui chauffe, un genou qui tire dans les premiers lacets de descente, des frissons malgré la montée ou une soif inhabituelle méritent une action immédiate. S’arrêter cinq minutes, ajouter une couche, boire, ajuster une chaussure ou utiliser les bâtons peut éviter que l’inconfort devienne un problème réel plusieurs kilomètres plus loin.
Le ciel demande la même attention. Des cumulus blancs ne sont pas forcément inquiétants, mais leur gonflement rapide, un vent soudain plus froid, un grondement lointain ou la disparition nette des sommets sont des messages clairs. Sur le col, il n’existe pas d’abri fiable. Une progression prudente consiste à redescendre dès que l’orage se confirme, sans attendre que les premières grosses gouttes imposent la décision.
Le chemin est assez fréquenté en juillet et août pour croiser d’autres randonneurs, ce qui rassure sans autoriser l’imprudence. Hors saison, l’atmosphère devient plus solitaire et les hébergements peuvent fermer. Un guide local prend alors une valeur particulière : connaissance des alternatives, lecture du terrain, communication avec les chauffeurs et adaptation du programme aux conditions réelles.
Quelle formule correspond au voyageur ?
La randonnée indépendante convient aux personnes qui savent utiliser une carte hors ligne, qui aiment coordonner les hébergements et qui acceptent de garder une journée de réserve dans leur agenda. Elle permet de choisir son rythme, de s’arrêter longtemps devant une vallée ou de prolonger la découverte à Theth et Valbona. Cette liberté s’accompagne d’une responsabilité : les horaires de transport, l’état du col et le ravitaillement doivent être anticipés par le marcheur.
Un séjour guidé convient à ceux qui voyagent seuls, découvrent la montagne, arrivent hors saison ou souhaitent inclure le ferry, l’Œil Bleu et d’autres balades sans passer du temps sur chaque réservation. Le guide ne remplace pas la forme physique, mais il réduit considérablement la charge mentale. Il peut aussi raconter les traditions locales, expliquer l’histoire de l’isolement des vallées et faire percevoir ce paysage autrement qu’à travers une simple trace GPS.
Pour un voyage plus large dans la région, l’accès depuis Shkodër mérite d’être préparé à l’avance ; les informations pratiques sur le trajet entre Shkodër et Theth aident à construire un calendrier réaliste. Les marcheurs qui poursuivent vers le Peaks of the Balkans auront, quant à eux, intérêt à prévoir plusieurs jours supplémentaires et des réservations coordonnées de vallée en vallée.
Au terme de la journée, l’arrivée à Valbona ou à Theth prend une saveur particulière : le bruit de la rivière, un dîner préparé à la maison, le pain encore chaud et les sommets qui disparaissent derrière les fenêtres. Ce contraste entre l’effort du col et la douceur de l’accueil donne au parcours sa force émotionnelle. La meilleure sécurité reste une préparation humble : connaître l’itinéraire, respecter la météo et conserver l’énergie nécessaire pour profiter de chaque pas.
Questions utiles avant de marcher entre Theth et Valbona
Quelle est la longueur du parcours Theth–Valbona ?
La traversée mesure environ 17 kilomètres. Elle demande généralement 6 à 8 heures de marche, ou 7 à 9 heures en comptant les pauses photo, le pique-nique et les ralentissements sur les portions rocheuses.
Les débutants peuvent-ils faire cette randonnée dans les Alpes albanaises ?
Le parcours convient aux adultes ayant une condition physique correcte et déjà habitués à marcher plusieurs heures. Il reste exigeant par son dénivelé et ses descentes. Les personnes sans expérience de sentiers de montagne gagneront à partir avec un guide ou à prévoir un aller-retour partiel depuis Theth.
Quelle est la meilleure période pour le trekking Theth–Valbona ?
La fenêtre habituelle s’étend de mi-juin à fin septembre. Juillet et août sont les mois les plus fréquentés et les plus chauds. Septembre offre souvent un excellent compromis entre météo agréable, lumière douce et fréquentation plus faible.
Faut-il réserver les maisons d’hôtes à l’avance ?
Oui, surtout en juillet et août. Les hébergements de Theth et Valbona se remplissent vite. Réserver avant l’arrivée permet aussi de recevoir des informations actualisées sur la météo, les minibus et les horaires du ferry de Koman.
Peut-on payer par carte à Theth et Valbona ?
Les espèces restent la solution la plus sûre dans les deux vallées. Il est préférable de retirer suffisamment de lek albanais à Shkodër pour les nuits, les repas, les transferts et les petites dépenses éventuelles.
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