Activité poney maternelle à Eurocentaure

S. Boireau © Eurocentaure

Entre 3 et 4 ans, les enfants passent de l’activité baby à l’activité poney. La principale différence est la prise d’autonomie.

Les parents ne s’impliquent plus de façon active dans la séance, mais leur présence reste importante pour les cavaliers en herbe qui sont à la fois rassurés et fiers de montrer leurs progrès.

Cette transition se fait à leur rythme, et seulement lorsqu’ils sont prêts sur les plans affectif et « technique ». Certains vont évoluer seuls au pas dans le manège dès deux ans et demi, d’autres profiteront du confort et de l’ambiance sécurisante de l’activité baby jusqu’à quatre ans. Les séances présentent les mêmes repères (exercices, matériel, consignes, chronologie de la séance) , auxquels se rajoutent de temps en temps un nouvel élément, un nouvel exercice, une nouvelle consigne pour les emmener un peu plus loin vers l’équitation .

Même s’il ne s’agit pas encore d’ équitation à proprement parler, les enfant possèdent déjà l’équilibre, le maintien et l’aisance de vrais cavaliers lorsque leur poney marche au pas . Ces qualités vont petit à petit s’installer au trot puis au galop, en même temps que les enfants vont développer leur sensation du poney.

Aujourd’hui je monte Papillon, il est gentil mais un peu coquin, des fois il attrape la queue des autres poneys pour les embêter alors je le surveille. On marche au pas à la queue leu leu en attendant que tout le monde soit prêt, et puis on fait le circuit que Sylvie a installé. Aujourd’hui il faut passer dans la porte jaune, puis sous la branche et ensuite le labyrinthe, c’est le plus difficile. Ensuite c’est la gymnastique pour s’échauffer avant le trot. C’est facile, maintenant qu’on est grand, on y arrive même quand le poney marche au pas. Dans mon cours on sait tous faire du trot enlevé, d’ailleurs avant on trottait chacun son tour, maintenant on trotte deux par deux, et Sylvie a dit qu’on essaierait bientôt tous ensemble.

Le moment que tous le monde attend, c’est le galop. J’ai encore un peu peur de galoper tout seul alors Sylvie tient mon poney, mais Marie-Lou galope toute seule sur Tomy. Quand on est tous passé on aimerait bien recommencer mais il faut laisser les poneys se reposer pour le jeu. Aujourd’hui on joue au poney-bowling, c’est Clochette la plus forte pour tout renverser, mais elle ne va pas toujours où on lui dit. Ça y est ! Tout est renversé, c’est Emma et Prunelle qui ont gagné. On refait une partie et on va se promener. Dis papa, tu tiens mon poney pour la balade ? On va vers l’étang, dans la descente je me tiens en arrière, et quand on monte la petite colline je me mets en équilibre en tenant la crinière. Tiens, voilà le pré des grands chevaux, j’en ai compté dix. Le plus grand s’appelle Primo, il a gagné une médaille. Arrivé à l’écurie, il faut descendre du poney. Je sais m’en occuper tout seul, sauf pour curer les pieds où j’ai besoin d’aide.

Je vais bientôt avoir cinq ans, maman a dit que je pourrais faire mon goûter d’anniversaire au club, même que je pourrais inviter les copains de l’école à faire du poney.

Les « maternelles » vont consolider les apprentissages psychomoteurs acquis précédemment ( à poney et en dehors) Les gestes se précisent, les postures prennent de l’aisance, la coordination s’affine. Les enfants prennent de la présence et les poneys le ressentent. Les mouvements avec le poney deviennent fluides et naturels. Bien qu’inconsciente, la communication corporelle se construit et s’installe, source de complicité et de plaisir.

Les enfants commencent également à prendre conscience du centre équestre dans son ensemble, ils connaissent les chevaux qui font des concours et ceux qui sont à la retraite, parlent avec les cavaliers plus âgés, s’intéressent aux activités du club. Le centre équestre devient un lieu social où ils sont reconnus et qu’ils commencent à s’approprier.