A. Booth, Eurocentaure ©
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Premier jour, 9 heures du matin, galops 4-5, savoirs 2-3
Tout le monde a découvert celui qui se définit comme « une être humain comme les autres » avec son abord sympathique et chaleureux, qui met tout de suite à l'aise. Après une mini-conférence sur ce qu'est réellement un cheval, un troupeau, et la relation que l'on entretient ces animaux, sur son propre parcours, ses découvertes, sa formation, les stagiaires sont partis travailler à pied dans le manège pour la matinée. C'est là qu'Andy Booth a découvert à son tour quelque chose : ces cavaliers de club là n'étaient pas comme ceux qu'il rencontre d'habitude : tout ce qu'il pensait leur montrer, ils le savaient déjà et ce n'était que le premier jour, avec les niveaux moins importants tant à pied qu'à cheval !!!
Bien sûr, avec son immense métier et ses connaissances, sa pédagogie due au talent et à l'expérience, il s'est adapté et a semblé content de rencontrer des gens qui pensaient profondément que c'était ainsi qu'il fallait travailler. « Chez Thierry, c'est la première fois que j'ai l'impression que je ne parle pas chinois ! »
L'après-midi s'est passé à cheval et, à la fin, Andy leur a dit : « Bon, comme ce que vous ai dit, c'est ce que Thierry vous a déjà dit, est-ce que je vous ai apporté quelque chose ? » Oui, bien évidemment : les mêmes choses, dites par quelqu'un d'autre, un grand cavalier comme Andy Booth, avec d'autres mots parfois, éclairent le travail sous un autre angle.
Les huit cavaliers étaient parfaitement satisfaits, toujours aussi excités bien qu'épuisés et aussitôt le stage fini, parlaient de celui de l'année suivante.
Deuxième jour, 9 heures du matin, galops 5 à 7, savoirs 4/5
Cette fois-ci, averti par le stage de la veille, Andy savait qu'il avait en face de lui des cavaliers qui avaient déjà un certain niveau, et qui en voulaient ! Il avait revu ses fiches pour leur concocter un stage sur mesures.
Après la mini-conférence du matin, comme la veille, les cavaliers se sont rendus au manège pour la partie à pied. Très vite le travail est allé dans le sens de la légèreté, de la précision, de la discrétion du geste.
Andy a pu constater que rien ne perturbait les chevaux, ni claquement de fouet, ni boîte à clous, ni brosse à dents électrique (deux chevaux se sont approchés : « Tiens, il a une Calor, lui ?... »).
Tous les cavaliers n'avaient pas le même niveau, mais tous se préparent pour les Championnats de France Club Equifeel à Lamotte-Beuvron . Ce sont des passionnés, tous et toutes.
L'après-midi, le travail à cheval a continué dans la recherche de la légèreté et de la rectitude. La concentration était très grande, Andy a beaucoup « nourri » les cavaliers qui ont pu constater que ce qu'ils avaient construit avec Thierry possédait des bases solides, que leur moniteur les conduisait sur le bon chemin.
Après la photo de groupe, comme la veille, il a fallu « arracher » Andy Booth aux cavaliers : il donne beaucoup, ne compte pas son temps, il est passionnant autant que passionné mais . il faut qu'il se repose, qu'il boive son thé, qu'on aille manger !
Troisième jour, 10 heures du matin.
C'est le jour J, le jour de la démo au Club Med de Pompadour.
C'est le jour où devant 280 personnes, les cavaliers d'Eurocentaure qui vont aux Championnats à Lamotte-Beuvron vont commencer l'après-midi par une démonstration de leur travail à pied et à cheval.

Andy Booth, en Février 2010 © Eurocentaure
Leur but est le même que celui d'Andy : montrer aux spectateurs que l'équitation éthologique permet tant de choses ! Des chevaux qui coopèrent parce qu'ils en ont envie, légers, sur la main, confiants. Des chevaux sans mors qui sautent, qui font des cessions à la jambe, des épaules en-dedans .
Les spectateurs se massent dans les gradins, il fait froid mais tout le monde a bravé la fin d'une tempête pour être là et admirer le travail d'Andy Booth.
Après la belle prestation des cavaliers d'Eurocentaure qui sont très applaudis, on amène à Andy la jument qu'il va travailler en direct. L'intitulé de la démo était : « mise en confiance du jeune cheval , entrée dans le van et travail monté ».
Il faut savoir qu'Andy n'avait jamais vu la jument. Qu'il avait fallu plus d'une heure pour la faire monter dans le van qui la conduirait à Pompadour, et pas en douceur, qu'elle était sur l'oil et nerveuse.
Elle est entrée dans le manège, l'oil exorbité, le garrot très prononcé, effrayée. Tout en plaisantant avec le public, Andy a commencé à travailler. Au bout d'une heure, l'oil serein, la jument le suivait gentiment en longe, sur la bâche, dans le van, dans tout le manège. « je n'ai pas envie qu'elle vienne avec moi parce que je la force, je veux qu'elle vienne parce qu'elle en a envie ! »
Il s'est rendu compte qu'elle n'était pas débourrée à droite, on ne pouvait pas l'approcher de ce côté-là, pas mettre le pied à l'étrier.
Son assistante est montée sur la jument, et peu à peu, en suivant les conseils d'Andy, toujours plaisantant : « Je préfère que ce soit elle qui tombe, vous voyez, on ne sait jamais ! », elle l'a fait marcher, trotter.
La jument, calme, dont le dos était remonté et dont le garrot n'était plus aussi prononcé, travaillait aimablement. « Il faut demander poliment aux chevaux »
Andy a terminé par un travail en liberté tout en expliquant : « Si elle ne veut pas venir avec moi, tant pis pour elle.
Ho, Andy, je veux être libre, je veux galoper de mon côté !
Et bien, va, ma belle, galope, galope.
Heu . Andy, c'est chouette la liberté, mais. je fatigue, là, je ne peux pas revenir avec toi ?
Ha non ! Tu veux être libre, sois libre (et il la chasse pour qu'elle continue à galoper)
Andy, je t'en prie, laisse-moi revenir près de toi, on va sur la bâche si tu veux, on était bien là-bas..
Ok ma belle, viens. (elle revient et il la gratte longuement)
Et puis, Andy a fait une grande surprise à notre centre équestre. Il a appelé Sylvain, un cavalier du club, un pilier, président de l'association des Chuchoteurs de Noblat et savoir 5/ galop7, à venir le rejoindre sur son cheval dans le manège. Il a alors redit que, pour la première fois, il n'avait pas eu l'impression de parler chinois, que chez Thierry il avait rencontré des hommes et femmes de cheval, d'un niveau qui l'avait étonné.
Il a alors donné un cours à Sylvain, basé sur la mise sur la main et la légèreté aux aides, aux trois allures.
Andy a conclu en disant qu'il ne fallait pas contraindre les chevaux pour obtenir les résultats que l'on souhaite, il faut leur demander poliment et chercher leur adhésion. Ce sont des animaux intelligents, d'une intelligence différente de la nôtre, mais incontestable. Il a ajouté qu'il espérait que cette méthode finirait par obtenir l'adhésion des professionnels de l'équitation.
Quatrième jour, 7 h 30 du matin.
Andy repart. Nous sommes tristes qu'il nous quitte, nous avons l'impression de le connaître depuis toujours. On parle du stage de l'année 2011. Il signe quelques-uns de ses livres que des cavaliers lui ont réservés. Il monte dans la voiture avec Catherine, son assistante.
A l'année prochaine, Mister Booth !!
Andy Booth, l'homme qui parle aux chevaux
Le programme de ces 2 journées avec Andy Booth à Eurocentaure
Andy Booth de retour en mai 2011